Comment calculer le besoin énergétique du parking ?
Pour aller plus loin, il est possible d’estimer la quantité d’énergie que l’entreprise doit restituer chaque jour aux véhicules.
Il faut connaître approximativement :
nombre de véhicules × kilomètres parcourus × consommation moyenne des véhicules.
Prenons simplement un exemple théorique.
Une flotte de 10 voitures électriques parcourt en moyenne 80 km par véhicule et par jour.
Avec une consommation moyenne hypothétique de 18 kWh/100 km :
10 × 80 × 18 / 100 = 144 kWh
Le parking doit donc restituer environ 144 kWh par jour à cette flotte, auxquels il faut ajouter les pertes de recharge et une éventuelle marge de sécurité.
Cette information est souvent beaucoup plus utile que de savoir uniquement que l’entreprise possède dix voitures électriques.
Faut-il installer une borne pour chaque véhicule de flotte ?
Pas nécessairement, mais cela peut être pertinent dans certaines situations.
Si tous les véhicules reviennent au dépôt le soir et restent chacun sur leur emplacement jusqu’au lendemain matin, disposer d’un point de recharge par véhicule peut offrir une grande simplicité d’exploitation.
Cela ne signifie pas pour autant que toutes les bornes doivent fonctionner simultanément à leur puissance maximale.
Un système de pilotage peut distribuer progressivement l’énergie pendant toute la période de stationnement.
À l’inverse, si les véhicules reviennent à différents moments de la journée ou qu’une organisation permet facilement leur rotation, un nombre inférieur de bornes peut suffire.
La question à poser est donc moins :
Combien avons-nous de véhicules électriques ?
que :
Combien de véhicules doivent pouvoir rester branchés simultanément pour garantir leur disponibilité ?
Le pilotage dynamique peut éviter de surdimensionner l’installation
Supposons que dix bornes de 7,4 kW soient installées.
Cela ne signifie pas que l’entreprise doit nécessairement disposer en permanence de 74 kW exclusivement réservés à la recharge.
Avec un système de pilotage dynamique, la puissance disponible peut être répartie entre les véhicules.
Lorsque le bâtiment consomme fortement, les bornes peuvent temporairement charger moins vite. Lorsque davantage de puissance devient disponible, leur puissance peut augmenter.
Le pilotage permet également de programmer les périodes de recharge ou de donner la priorité à certains véhicules.
Enedis indique que le pilotage permet notamment de charger au bon moment et à la juste puissance. En 2025, 36 % des entreprises interrogées disposant de points de charge déclaraient déjà piloter leur recharge, contre 21 % l’année précédente.
Cette gestion peut donc permettre d’installer davantage de points de recharge sans multiplier dans les mêmes proportions la puissance électrique appelée simultanément.
Faut-il équiper toutes les places du parking dès maintenant ?
Dans la majorité des projets, ce n’est pas nécessaire.
En revanche, il peut être très intéressant de préparer davantage de places que le nombre de bornes effectivement installées.
Imaginons une entreprise qui a actuellement besoin de six points de recharge mais estime qu’elle pourrait en avoir besoin de vingt dans quelques années.
Deux stratégies sont possibles.
La première consiste à réaliser aujourd’hui uniquement les travaux nécessaires aux six bornes puis à recommencer des travaux importants lorsque de nouveaux véhicules arriveront.
La seconde consiste à dimensionner dès le départ certains éléments de l’infrastructure pour permettre une extension ultérieure :
- chemins de câbles ;
- fourreaux ;
- tranchées ;
- tableau électrique ;
- protections ;
- emplacement des équipements ;
- système de pilotage.
Les bornes supplémentaires sont ensuite ajoutées progressivement.
Cette approche peut être particulièrement intéressante sur les parkings extérieurs, où rouvrir plusieurs fois les chaussées représente un coût important.
Prééquiper une place ne signifie pas installer une borne
La distinction est importante.
Une place équipée dispose effectivement d’un point de recharge utilisable.
Une place prééquipée dispose de l’infrastructure nécessaire pour faciliter l’installation future d’un point de recharge.
La réglementation française utilise précisément cette distinction.
Dans certaines configurations de bâtiments non résidentiels neufs ou faisant l’objet d’une rénovation importante, les parkings de plus de dix emplacements doivent notamment prévoir le prééquipement d’au moins un emplacement sur cinq, ainsi qu’au moins un emplacement effectivement équipé selon les conditions prévues par le Code de la construction et de l’habitation.
Le Code précise également que les infrastructures concernées doivent être dimensionnées pour permettre l’alimentation future d’au moins 20 % des emplacements.
Cette logique réglementaire illustre bien le principe d’un parking évolutif : préparer aujourd’hui ce qui pourra être équipé demain.
Que dit la réglementation pour les parkings d’entreprise existants ?
Depuis le 1er janvier 2025, les bâtiments non résidentiels disposant d’un parking de plus de vingt emplacements sont soumis à une obligation minimale d’équipement.
Ils doivent disposer d’au moins un point de recharge, puis d’un point supplémentaire par tranche de vingt emplacements supplémentaires, selon les modalités du Code de la construction et de l’habitation. Une adaptation est prévue lorsque le respect de l’obligation nécessiterait des travaux importants sur le réseau électrique en amont du tableau général basse tension.
Mais attention : le minimum réglementaire ne constitue pas nécessairement un dimensionnement adapté aux besoins de l’entreprise.
Une société exploitant quinze véhicules électriques peut avoir besoin de beaucoup plus de points que le strict minimum imposé par son nombre de places.
À l’inverse, la réglementation permet de connaître le socle auquel certains bâtiments doivent déjà se conformer.
20, 50 ou 100 places : pourquoi le nombre total du parking ne suffit pas
Deux parkings de 100 places peuvent nécessiter des installations complètement différentes.
Parking de bureaux
Les salariés restent souvent stationnés sept à neuf heures.
Une recharge modérée et pilotée peut donc être suffisante pour beaucoup d’utilisateurs.
L’enjeu consiste surtout à connaître combien de salariés souhaitent réellement recharger quotidiennement et à anticiper leur progression.
Parking d’une flotte automobile
Le nombre de places importe moins que le nombre de véhicules qui doivent être opérationnels chaque matin.
Les kilomètres quotidiens et la fenêtre de recharge deviennent alors les critères principaux.
Parking de magasin ou supermarché
Les véhicules tournent beaucoup plus rapidement.
Le nombre de bornes et leur puissance doivent être adaptés à la fréquentation et au temps passé par les clients dans le magasin.
Parking d’hôtel
Les voitures peuvent rester toute la nuit.
Il devient possible d’utiliser une longue fenêtre de recharge et de partager intelligemment la puissance disponible entre plusieurs véhicules.
Parking de restaurant
La durée de stationnement se situe généralement entre celle d’un commerce et celle d’un hôtel.
L’objectif est de restituer une quantité d’énergie utile pendant le temps du repas.
Le type d’activité de l’entreprise doit donc être intégré au dimensionnement dès le début du projet.
Exemple : une entreprise de 50 salariés
Prenons une entreprise fictive disposant de 50 salariés et d’un parking de 60 places.
Douze collaborateurs possèdent actuellement une voiture électrique, mais seulement six déclarent avoir régulièrement besoin de se recharger au travail.
Dans ce cas, installer immédiatement douze ou vingt bornes n’est pas nécessairement pertinent.
L’entreprise pourrait par exemple étudier une première phase correspondant à ces besoins actuels, tout en préparant l’infrastructure pour accueillir davantage de points à l’avenir.
Le nombre exact dépendra cependant d’un élément essentiel :
les six utilisateurs ont-ils tous besoin de charger simultanément ?
S’ils restent toute la journée et ne souhaitent pas déplacer leur voiture, six points peuvent être beaucoup plus pratiques que trois bornes nécessitant une rotation des véhicules.
En revanche, si l’entreprise organise le partage des places, le besoin physique en points de charge peut être inférieur.
Cet exemple montre pourquoi un ratio du type “une borne pour dix salariés” est trop simpliste.
Exemple : une flotte de 20 véhicules électriques
Prenons maintenant une flotte de 20 véhicules.
Les véhicules rentrent chaque soir, mais tous ne parcourent pas la même distance.
Certains ont consommé 15 kWh dans la journée, d’autres 35 kWh et quelques véhicules n’ont pratiquement pas circulé.
Installer vingt bornes capables de fonctionner simultanément à pleine puissance pourrait conduire à une infrastructure très importante.
Une autre approche consiste à disposer de suffisamment de points physiques pour brancher les véhicules et à utiliser un système de pilotage capable de répartir l’énergie pendant toute la nuit.
Les véhicules ayant un départ matinal ou un besoin énergétique important peuvent être prioritaires.
Le nombre de bornes et la puissance totale deviennent alors deux variables indépendantes qu’il est possible d’optimiser.
Prévoir les besoins à trois ou cinq ans plutôt que seulement ceux d’aujourd’hui
Un projet IRVE est généralement conçu pour durer de nombreuses années.
Or la composition du parc automobile peut évoluer beaucoup plus rapidement.
Dimensionner uniquement pour les deux voitures électriques actuellement présentes sur un parking de 150 places peut conduire à devoir refaire une grande partie de l’installation quelques années plus tard.
Avant les travaux, il est donc utile d’étudier :
- le renouvellement prévu de la flotte ;
- le nombre de véhicules de fonction ;
- les demandes des salariés ;
- la politique automobile de l’entreprise ;
- la croissance éventuelle des effectifs ;
- les futurs usages du parking.
Cela ne signifie pas qu’il faut acheter immédiatement toutes les bornes futures.
Il s’agit plutôt de distinguer l’infrastructure à préparer maintenant des points de charge à installer immédiatement.
Bornes 7,4 kW, 11 kW ou 22 kW : quel impact sur leur nombre ?
La puissance influence le dimensionnement, mais elle ne doit pas être considérée seule.
Bornes 7,4 kW
Elles sont particulièrement adaptées aux stationnements longs et peuvent répondre à de nombreux besoins de salariés et de flottes.
Bornes 11 kW
Elles permettent d’augmenter la quantité d’énergie délivrée lorsque les véhicules et l’installation électrique sont compatibles avec cette puissance.
Bornes 22 kW
Elles peuvent être pertinentes lorsque les temps de stationnement sont plus courts, sous réserve que les véhicules soient capables d’exploiter cette puissance en courant alternatif.
Recharge rapide
La recharge en courant continu devient surtout pertinente lorsqu’il est nécessaire de récupérer beaucoup d’énergie dans un temps réduit.
Elle répond davantage aux besoins de forte rotation, de certains parkings clients ou de flottes nécessitant une disponibilité rapide.
Choisir davantage de points de puissance modérée peut parfois être beaucoup plus pertinent que quelques bornes très puissantes.
Les erreurs à éviter lors du dimensionnement
La première erreur consiste à choisir le nombre de bornes uniquement en fonction du nombre total de places.
La deuxième est de dimensionner l’installation exclusivement selon les besoins actuels sans prévoir son évolution.
À l’inverse, équiper immédiatement chaque emplacement peut entraîner un investissement inutile lorsque la demande reste limitée.
Autre erreur fréquente : raisonner uniquement en puissance.
Une borne de 22 kW n’est pas nécessairement plus utile qu’une borne de 7,4 kW si le véhicule reste stationné toute la journée et ne peut lui-même accepter qu’une puissance inférieure.
Enfin, il faut éviter d’oublier le fonctionnement quotidien du parking : qui branche les véhicules, faut-il déplacer les voitures, certaines places sont-elles réservées, quels véhicules sont prioritaires et comment les utilisateurs sont-ils identifiés ?
Une étude de dimensionnement permet de trouver le bon équilibre
Pour déterminer le nombre de bornes à installer, une étude doit idéalement croiser :
1. Le nombre de véhicules électriques actuels
Flotte, véhicules de fonction, salariés et visiteurs.
2. Le besoin quotidien en énergie
Combien de kilomètres les véhicules parcourent-ils réellement ?
3. Le temps disponible pour la recharge
Une heure, huit heures ou toute une nuit ?
4. Le nombre de véhicules présents simultanément
Tous les véhicules doivent-ils être branchés au même moment ?
5. La puissance électrique disponible
Quelle capacité peut être consacrée à la recharge sans perturber l’activité du bâtiment ?
6. Les possibilités de pilotage
La puissance peut-elle être répartie intelligemment entre les bornes ?
7. L’évolution future
Combien de véhicules électriques l’entreprise prévoit-elle dans quelques années ?
Ces informations permettent de déterminer simultanément le nombre de bornes, leur puissance et l’infrastructure nécessaire pour les alimenter.
Alors, combien de bornes faut-il réellement installer ?
Il n’existe donc pas une réponse unique du type « une borne pour dix places ».
Pour un parking d’entreprise, le bon dimensionnement consiste généralement à installer suffisamment de points pour répondre aux besoins réels des utilisateurs actuels tout en préparant l’infrastructure pour accueillir progressivement les véhicules supplémentaires.
Pour les salariés, le temps de stationnement important permet souvent de privilégier plusieurs points de recharge à puissance maîtrisée.
Pour une flotte, le calcul doit partir des kilomètres parcourus et de l’heure à laquelle chaque véhicule doit être disponible.
Pour les clients et visiteurs, la rotation du parking devient déterminante.
Et dans tous les cas, le pilotage de la recharge peut permettre de mieux exploiter la puissance électrique disponible plutôt que de dimensionner l’installation sur l’hypothèse que toutes les bornes fonctionneront simultanément à leur maximum.
FAQ : nombre de bornes sur un parking d’entreprise
Existe-t-il un nombre obligatoire de bornes par place de parking ?
Oui, certaines obligations réglementaires s’appliquent. Depuis 2025, les bâtiments non résidentiels comportant plus de vingt places doivent notamment disposer d’au moins un point de recharge, puis d’un point supplémentaire par tranche de vingt emplacements supplémentaires, sous réserve des dispositions prévues par la réglementation.
Faut-il installer une borne pour chaque voiture électrique ?
Non. Cela dépend de la fréquence de recharge, de la durée de stationnement et de la possibilité ou non de partager les points entre plusieurs véhicules.
Peut-on installer dix bornes sans disposer de dix fois leur puissance ?
Oui. Un système de pilotage peut répartir la puissance disponible entre plusieurs bornes et adapter leur fonctionnement aux besoins des véhicules et du bâtiment.
Vaut-il mieux installer quelques bornes rapides ou davantage de bornes moins puissantes ?
Cela dépend du temps de stationnement. Pour des salariés présents toute la journée ou une flotte stationnée toute la nuit, plusieurs points de puissance modérée peuvent être plus pertinents. Pour des véhicules de passage, une puissance supérieure peut présenter davantage d’intérêt.
Peut-on préparer des places sans installer immédiatement les bornes ?
Oui. Le prééquipement permet justement d’anticiper les futurs points de recharge en préparant notamment les cheminements et infrastructures électriques nécessaires.
Comment prévoir l’évolution du nombre de voitures électriques ?
Il est conseillé d’intégrer le renouvellement de la flotte, les véhicules de fonction, les demandes des salariés et l’évolution prévue des usages. L’infrastructure peut être dimensionnée pour une capacité future supérieure au nombre de bornes installées lors de la première phase.
Faites dimensionner votre parking avant d’installer vos bornes
Installer trop peu de points peut rapidement créer de la saturation. En installer trop dès le départ peut entraîner un investissement inutile.
La meilleure solution consiste à dimensionner conjointement le nombre de bornes, leur puissance, le pilotage et les possibilités d’extension de l’infrastructure.
Impact Tomorrow accompagne les entreprises dans l’étude et l’installation de leurs infrastructures de recharge : analyse du parking, besoins des salariés ou de la flotte, puissance disponible, dimensionnement, installation et anticipation des futurs points de charge.
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