Combien de temps faut-il pour installer des bornes de recharge en copropriété ?

Installer des bornes de recharge dans le parking d’une copropriété ne se résume pas à quelques heures de travail d’un électricien. Lorsqu’il s’agit de mettre en place une infrastructure collective capable d’accueillir progressivement plusieurs bornes, différentes étapes doivent être réalisées avant la mise en service.

Étude du parking, consultation des copropriétaires, propositions techniques, vote en Assemblée Générale, raccordement électrique puis travaux : le projet doit être correctement préparé pour garantir une installation fiable et évolutive.

En pratique, il faut généralement prévoir plusieurs mois entre le lancement du projet et la mise en service des premières bornes. Enedis recommande de compter environ six mois pour la phase de préparation, auxquels peuvent s’ajouter deux à six mois pour la réalisation de l’infrastructure.

Le calendrier dépend toutefois fortement de la configuration de l’immeuble, du nombre de places de stationnement et surtout de la date de la prochaine Assemblée Générale.

Combien de temps faut-il prévoir au total ?

Pour une copropriété qui part de zéro et souhaite créer une infrastructure collective de recharge, un délai de 8 à 12 mois constitue un ordre de grandeur réaliste lorsque le projet se déroule sans difficulté particulière.

Il ne s’agit cependant pas d’un délai réglementaire fixe. Enedis souligne qu’un projet peut nécessiter plus d’une année avant sa mise en service, notamment lorsque la réflexion commence juste après l’Assemblée Générale annuelle et qu’il faut attendre la suivante pour faire voter la solution.

À l’inverse, une copropriété qui prépare son dossier suffisamment tôt et dispose déjà d’une vision claire de ses besoins peut considérablement fluidifier le calendrier.

Première étape : préparer le projet de recharge de la copropriété

Avant même de parler de travaux, il faut déterminer précisément ce que l’on souhaite installer.

Le syndic et le conseil syndical doivent notamment connaître les besoins des résidents, étudier le parking, identifier les contraintes électriques et comparer les différentes solutions disponibles.

Enedis recommande de prévoir environ six mois pour cette phase préparatoire. Cette période permet notamment de recueillir les besoins, d’organiser les visites techniques et d’obtenir plusieurs propositions suffisamment détaillées pour pouvoir être présentées aux copropriétaires.

Cette préparation est essentielle. Une décision prise trop rapidement peut conduire à créer une infrastructure insuffisante ou difficile à faire évoluer lorsque de nouveaux véhicules électriques apparaissent dans la résidence.

L’Assemblée Générale peut fortement influencer le délai

Le calendrier de l’Assemblée Générale représente souvent le principal point de vigilance.

Lorsqu’un copropriétaire demande au syndic d’étudier la création d’une infrastructure collective, la question doit être inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée Générale. Enedis indique que cette demande doit être transmise au moins 21 jours avant la tenue de l’AG pour pouvoir être intégrée dans les temps.

Si la demande arrive trop tard, le sujet peut être reporté à l’Assemblée Générale suivante.

Cela peut facilement ajouter plusieurs mois au calendrier.

Il est donc préférable de commencer les démarches suffisamment tôt pour disposer, avant l’AG, de l’étude technique, des différentes solutions envisageables et des éléments financiers nécessaires à la décision des copropriétaires.

Après le vote : entre 2 et 6 mois pour déployer l’infrastructure

Une fois le projet approuvé et le contrat correspondant signé, la phase opérationnelle peut commencer.

Elle comprend notamment la création de l’infrastructure électrique du parking, les éventuels travaux de raccordement, la mise en place des équipements et enfin l’installation des premières bornes.

Enedis estime cette phase à environ 2 à 6 mois, selon la solution choisie et la configuration du site. Dans le cas du Réseau Électrique Auto d’Enedis, les travaux doivent être réalisés dans un délai de six mois à compter du point de départ contractuel prévu par le dispositif.

Un parking intérieur relativement simple sera naturellement plus facile à équiper qu’un parking extérieur nécessitant des travaux de voirie, des tranchées ou des dispositifs spécifiques de cheminement des câbles.

Le chantier n’est donc qu’une partie du délai

C’est un point important pour les copropriétaires : le délai global d’un projet ne correspond pas à la durée pendant laquelle les techniciens interviennent dans le parking.

La majeure partie du calendrier est consacrée aux études, aux consultations, aux démarches administratives et aux décisions de la copropriété.

Le chantier intervient seulement une fois que l’architecture électrique, le financement, le raccordement et l’organisation du projet ont été définis.

Une préparation rigoureuse permet donc non seulement de gagner du temps, mais également d’éviter les modifications coûteuses en cours de projet.

Et lorsqu’une infrastructure collective existe déjà ?

La situation est très différente lorsque le parking a déjà été équipé d’une infrastructure collective.

L’un des grands intérêts de ce type d’installation est justement de permettre aux copropriétaires de faire installer leur borne progressivement, sans recommencer l’ensemble du projet.

Dans le cas du Réseau Électrique Auto, Enedis indique qu’un nouveau copropriétaire souhaitant raccorder sa place à une infrastructure déjà installée doit compter en moyenne 4 à 8 semaines à partir de sa demande de raccordement.

C’est pourquoi anticiper l’équipement global du parking peut être particulièrement intéressant : les futurs utilisateurs disposent ensuite d’un parcours beaucoup plus rapide lorsqu’ils décident de passer à l’électrique.

Et avec le droit à la prise ?

Un copropriétaire peut également choisir de demander l’installation d’une borne individuelle via le droit à la prise.

La procédure est différente d’un projet collectif. Le résident doit notamment transmettre au syndic un dossier comprenant la description détaillée des travaux envisagés.

Le syndic dispose alors d’un délai de trois mois pour éventuellement contester le projet pour un motif sérieux et légitime. Une fois ce délai passé, les travaux peuvent être engagés.

Cette solution peut répondre rapidement à un besoin isolé. Dans un parking comprenant de nombreuses places, une infrastructure collective reste toutefois généralement plus adaptée pour éviter que les raccordements individuels ne se multiplient au fil des années.

Quels éléments peuvent rallonger l’installation ?

Deux copropriétés de taille similaire peuvent avoir des calendriers très différents. Parmi les éléments ayant le plus d’impact figurent :

  • la date de la prochaine Assemblée Générale et le niveau de préparation du dossier ;
  • la configuration du parking, notamment les distances et les cheminements de câbles ;
  • la nécessité de réaliser des travaux de génie civil ou de VRD pour un parking extérieur ;
  • le nombre de places et la puissance électrique nécessaire à terme ;
  • la rapidité de validation des devis et conventions ;
  • la coordination entre le syndic, Enedis et l’installateur IRVE.

Plus ces éléments sont étudiés en amont, plus il devient possible de sécuriser le calendrier.

Comment accélérer un projet de bornes de recharge en copropriété ?

Le meilleur moyen de gagner du temps consiste à anticiper l’Assemblée Générale.

Attendre quelques semaines avant l’AG pour commencer à rechercher une solution est rarement une bonne stratégie. À l’inverse, lancer l’étude plusieurs mois à l’avance permet d’arriver devant les copropriétaires avec un projet concret : architecture proposée, coûts, possibilités de financement et modalités de raccordement.

L’accompagnement par un interlocuteur spécialisé permet également de centraliser les échanges entre le syndic, le conseil syndical, Enedis et les différents intervenants techniques.

Impact Tomorrow peut ainsi intervenir dès l’étude du parking et accompagner la copropriété jusqu’à l’installation des équipements de recharge, afin de limiter les allers-retours administratifs et techniques.

Faut-il attendre d’avoir plusieurs voitures électriques dans la copropriété ?

Non. C’est même généralement l’inverse qu’il faut envisager.

Une infrastructure collective est précisément conçue pour anticiper les besoins futurs. Elle permet de préparer le parking dans son ensemble, puis d’ajouter les raccordements individuels au fur et à mesure des demandes.

Une copropriété dans laquelle seulement un ou deux résidents utilisent actuellement une voiture électrique peut donc avoir intérêt à préparer dès maintenant une infrastructure capable d’accueillir les prochains véhicules.

Cette logique évite de reprendre entièrement l’installation électrique à chaque nouvelle demande.

À retenir : combien de temps pour installer des bornes en copropriété ?

Pour une copropriété qui souhaite partir d’un parking non équipé, il faut retenir trois grands ordres de grandeur : environ six mois de préparation, puis deux à six mois pour mettre en œuvre l’infrastructure, avec un calendrier global qui peut dépasser douze mois lorsque l’Assemblée Générale ou la complexité technique retardent le projet.

En revanche, lorsqu’une infrastructure collective existe déjà, le raccordement d’un nouvel utilisateur peut être beaucoup plus rapide : Enedis annonce 4 à 8 semaines en moyenne pour raccorder une nouvelle place à son Réseau Électrique Auto.

L’enjeu n’est donc pas seulement d’installer une première borne : il est de préparer aujourd’hui le parking aux besoins des prochaines années.