Locataire en copropriété : peut-on installer une borne de recharge sur sa place ?

Vous êtes locataire d’un appartement et envisagez de passer à la voiture électrique ? L’une des premières questions concerne naturellement la recharge : est-il possible d’installer une borne sur sa place de parking sans être propriétaire du logement ?

La réponse est oui. La réglementation française reconnaît aux locataires, comme aux propriétaires occupants, un droit à la prise. Il permet, sous certaines conditions, de faire équiper une place de stationnement d’une borne ou d’une prise renforcée, même lorsque le logement se trouve dans une copropriété.

Le locataire doit néanmoins respecter une procédure précise : informer son propriétaire et le syndic, présenter un projet technique suffisamment détaillé et prendre en charge les travaux liés à son installation individuelle.

En 2026, cette démarche peut également bénéficier de la prime ADVENIR, dont le plafond a été porté à 1 000 € par point de recharge individuel en habitat collectif.

Un locataire bénéficie lui aussi du « droit à la prise »

Le droit à la prise n’est pas réservé aux copropriétaires.

Le Code de la construction et de l’habitation prévoit qu’un locataire ou occupant de bonne foi peut équiper à ses frais une place de stationnement à usage privatif d’une installation permettant de recharger un véhicule électrique ou hybride rechargeable, à condition notamment que la consommation électrique puisse être individualisée.

Ce droit peut concerner une place située dans un parking intérieur comme extérieur. Enedis confirme que le droit à la prise permet à un locataire d’installer une borne de recharge ou une prise renforcée sur son emplacement de stationnement.

Autrement dit, le fait de ne pas être propriétaire du logement ne bloque pas le projet.

Le locataire ne peut toutefois pas faire intervenir directement un électricien dans les parties communes sans prévenir les différents acteurs concernés.

Faut-il demander l’autorisation de son propriétaire ?

Le terme « autorisation » peut être trompeur.

Dans le cadre du droit à la prise, le locataire doit notifier son projet au propriétaire bailleur et transmettre simultanément une copie au syndic de copropriété. La notification doit comporter un descriptif précis des travaux, un plan technique d’intervention ainsi qu’un schéma de raccordement électrique.

Le propriétaire bailleur doit ensuite transmettre au syndic les documents reçus dans le délai prévu par la réglementation.

Il ne s’agit donc pas simplement d’envoyer un message disant :

« Je souhaite installer une borne électrique. »

Le dossier doit permettre à la copropriété de comprendre où sera installée la borne, comment elle sera raccordée et de quelle manière la consommation sera comptabilisée.

C’est pourquoi il est généralement préférable de faire réaliser en amont une visite technique par un professionnel spécialisé en IRVE.

Le propriétaire ou la copropriété peuvent-ils refuser ?

Ils ne peuvent pas s’opposer librement au projet.

La loi prévoit que le propriétaire ou le syndicat des copropriétaires ne peut empêcher l’installation sans motif sérieux et légitime.

Parmi les situations pouvant justifier une opposition figurent notamment l’existence d’une infrastructure permettant déjà la recharge ou la décision de la copropriété de réaliser elle-même une installation répondant au besoin dans un délai raisonnable.

Enedis cite également le cas d’une impossibilité technique.

Surtout, une simple réponse du syndic indiquant qu’il « ne souhaite pas de bornes dans le parking » ne suffit pas. Pour s’opposer juridiquement aux travaux, le syndic doit saisir le président du tribunal judiciaire dans un délai de trois mois suivant la notification du projet.

En l’absence de cette saisine dans le délai prévu, le locataire peut faire réaliser les travaux conformément au projet communiqué.

Faut-il attendre le vote de l’Assemblée Générale ?

C’est l’une des confusions les plus fréquentes.

Dans le cadre d’un droit à la prise individuel, le projet n’a pas à obtenir au préalable un vote favorable de l’ensemble des copropriétaires.

Le syndic doit en revanche porter une information concernant le projet à l’ordre du jour de la prochaine Assemblée Générale.

La situation est différente lorsqu’il s’agit d’équiper l’ensemble du parking avec une infrastructure collective de recharge. Dans ce cas, la copropriété doit prendre une décision collective sur la solution retenue.

Il faut donc distinguer deux projets :

  • la borne individuelle d’un locataire, qui peut relever du droit à la prise ;
  • l’infrastructure collective du parking, destinée à faciliter progressivement l’équipement de plusieurs résidents.

Qui paie la borne lorsqu’on est locataire ?

Dans le cadre du droit à la prise, le coût de l’installation individuelle est supporté par le demandeur, donc généralement par le locataire qui souhaite disposer de sa propre borne. Le principe figure directement dans le Code de la construction et de l’habitation.

La copropriété n’a donc pas à financer une borne utilisée exclusivement par un locataire.

Le montant réel dépend ensuite de nombreux éléments : distance entre la place et le point d’alimentation, cheminement des câbles, configuration du parking, puissance retenue ou encore éventuels travaux nécessaires.

Plus la place est éloignée des installations électriques, plus un raccordement réalisé individuellement peut devenir coûteux.

C’est notamment pour cette raison que, dans les grands parkings, une infrastructure collective peut devenir beaucoup plus pertinente qu’une succession de droits à la prise indépendants.

Locataire : jusqu’à 1 000 € d’aide ADVENIR en 2026

Bonne nouvelle : être locataire n’empêche pas de bénéficier du programme ADVENIR.

La prime destinée aux points de recharge individuels en résidentiel collectif est explicitement accessible aux propriétaires, locataires et occupants.

Depuis la revalorisation intervenue en 2026, le montant correspond à 50 % du coût HT de fourniture et d’installation, avec un plafond fixé à 1 000 € par point de recharge.

Par exemple, pour une prestation éligible facturée 1 600 € HT, le taux de 50 % correspondrait à une prime maximale théorique de 800 €. Pour une prestation de 2 500 € HT, le calcul atteindrait 1 250 €, mais l’aide serait plafonnée à 1 000 €.

L’installation doit respecter les critères techniques et les conditions fixés par le programme ADVENIR.

Comment procéder concrètement lorsqu’on est locataire ?

La démarche peut être organisée en quelques grandes étapes.

1. Faire étudier sa place de parking

Avant d’envoyer la demande, il est pertinent de faire intervenir un professionnel IRVE afin d’étudier le parking et le raccordement envisageable. Le syndic doit permettre l’accès aux locaux techniques concernés afin que le prestataire puisse réaliser l’étude et établir un devis.

2. Préparer le dossier technique

Le projet doit notamment comporter un descriptif des travaux, un plan technique d’intervention et un schéma du raccordement électrique.

3. Informer le propriétaire et le syndic

Le locataire notifie son intention au propriétaire bailleur avec copie au syndic.

4. Laisser courir le délai réglementaire

Si la copropriété souhaite s’opposer au projet pour un motif sérieux et légitime, elle doit engager la procédure prévue par la loi dans les trois mois.

5. Réaliser l’installation

Une fois la procédure respectée, la borne peut être posée conformément au dossier technique présenté.

Et si une infrastructure collective existe déjà dans le parking ?

La situation est alors généralement plus simple.

Avec une infrastructure collective, le réseau électrique nécessaire à la recharge a déjà été préparé dans le parking.

Dans le cas du Réseau Électrique Auto (REA) d’ENEDIS, le réseau public de distribution est prolongé jusque dans le parking. Un résident souhaitant s’équiper peut ensuite demander une dérivation individuelle comprenant un compteur Linky à proximité de sa place, puis faire installer une borne par le professionnel de son choix.

Le locataire n’a donc plus à financer seul un long cheminement électrique depuis les installations générales de l’immeuble.

Cette organisation présente également un intérêt pour la copropriété : les futurs habitants peuvent venir se raccorder progressivement au réseau existant au fur et à mesure de leurs besoins.

Droit à la prise ou infrastructure collective : quelle solution privilégier ?

Le droit à la prise est particulièrement intéressant lorsqu’un résident souhaite s’équiper rapidement et qu’aucune infrastructure collective n’est envisagée.

Mais il répond avant tout à un besoin individuel.

Imaginez un parking de 80 places dans lequel cinq, puis dix, puis vingt résidents souhaitent progressivement acquérir une voiture électrique. Multiplier les solutions indépendantes n’est pas nécessairement la meilleure manière d’organiser l’installation sur le long terme.

Une infrastructure collective est justement conçue pour préparer le parking dans son ensemble. Elle permet de mutualiser certains investissements, d’utiliser une infrastructure électrique dédiée et de faciliter le raccordement des futurs utilisateurs.

Pour une copropriété qui constate les premières demandes de locataires ou copropriétaires, la demande d’un seul résident peut donc être l’occasion de réfléchir immédiatement à une solution globale.

Un locataire peut-il demander à la copropriété d’étudier le REA d’ENEDIS ?

Oui, rien n’empêche un locataire d’alerter son propriétaire, le syndic ou le conseil syndical sur l’intérêt d’une infrastructure collective.

Il ne vote cependant pas lui-même en Assemblée Générale à la place du copropriétaire bailleur, sauf représentation valable.

Le propriétaire peut ainsi relayer le besoin auprès de la copropriété et proposer que soit étudiée une solution collective.

Avec le REA, les résidents intéressés disposent ensuite d’un raccordement individuel avec compteur, puis font installer leur propre équipement de recharge.

Cette solution peut être particulièrement intéressante lorsqu’une résidence compte déjà plusieurs demandes.

Peut-on installer une borne lorsqu’on n’a pas de place privative ?

Le droit à la prise vise l’équipement de places de stationnement à usage privatif et d’accès sécurisé.

La situation est donc différente lorsqu’un locataire utilise librement n’importe quelle place d’un parking commun sans emplacement attribué.

Dans ce cas, la réponse passe davantage par un projet décidé à l’échelle de la résidence, par exemple avec l’installation d’une borne partagée ou d’une infrastructure collective.

Le programme ADVENIR prévoit d’ailleurs en 2026 des dispositifs spécifiques pour les points de recharge partagés en habitat collectif.

Que se passe-t-il si plusieurs locataires souhaitent une borne ?

C’est souvent à ce moment que la réflexion change d’échelle.

Une première demande individuelle peut facilement être traitée par le droit à la prise. Mais lorsqu’un deuxième, un troisième puis plusieurs occupants sollicitent une installation, préparer tout le parking devient généralement plus cohérent.

La copropriété peut alors comparer les différentes solutions d’infrastructure collective et notamment le Réseau Électrique Auto d’ENEDIS.

L’intérêt est de ne plus considérer chaque nouvelle voiture électrique comme un nouveau chantier.

Une fois l’infrastructure disponible, chaque résident peut rejoindre progressivement le dispositif en fonction de ses besoins.

Locataire d’un appartement : la recharge à domicile est donc réellement possible

Être locataire ne signifie pas devoir dépendre exclusivement des bornes publiques.

Le droit à la prise protège l’accès à la recharge des locataires en copropriété, à condition de disposer d’une place répondant aux conditions prévues et de respecter la procédure d’information du propriétaire et du syndic.

En 2026, la hausse de la prime ADVENIR rend également l’installation individuelle plus intéressante, avec une prise en charge pouvant atteindre 50 % du montant HT et 1 000 € par borne.

Et lorsque plusieurs habitants sont concernés, le projet individuel peut devenir le point de départ d’une réflexion plus ambitieuse : équiper durablement l’ensemble du parking grâce à une infrastructure collective.

Pour Impact Tomorrow, je terminerais l’article avec un CTA assez simple :

Vous êtes locataire, propriétaire ou membre d’un conseil syndical et souhaitez installer une borne dans votre copropriété ? Impact Tomorrow vous accompagne dans l’étude technique, les démarches auprès des différents acteurs et l’installation de votre solution de recharge.